Histoire de l'édifice

L'Église

De la première mention en 928 dans une charte de Cluny jusqu’à son classement aux Monuments historiques, neuf siècles de construction, de destructions et de reconstructions.

Origines clunisiennes

928 – 1482 : de la première église au prieuré

Neuf siècles avant sa forme actuelle, l’église est déjà mentionnée dans les chartes de l’Abbaye de Cluny.

928

Première mention

La Charte n°360 de l’Abbaye de Cluny mentionne le nom de « Villa Sancti Gengulfi » : une église existait déjà.

950

Don de Dame Aremburg

La Charte n°787 évoque un don fait à l’Abbaye de Cluny, concernant l’église dédiée à Saint Gengoux (« in ecclesia Sancti Gangulfi »).

958

Don à l'Abbaye de Cluny

Sous l’abbé Aymard, Constantin, seigneur de la lignée des Aquin, fait don de l’église et de ses dépendances (Charte n°1049).

1020

Wiod (Guy), premier Doyen

Petit-fils de Constantin, devenu clerc d’église, Wiod donne à Cluny le domaine de l’église avec le presbytère et tout ce qui lui appartient. Il reçoit le titre de Doyen, et les moines de Cluny fondent le premier prieuré (Charte n°2729)..

1035

Restitution par Bernard

Le neveu de Wiod restitue à Cluny l’église de Saint Gengoux, ses biens et ses redevances (Charte n°2905).

1166

la grande église, selon Contenson et Raffin

D’après Louis de Contenson et l’abbé Léonce Raffin (L’église et le doyenné clunisien de Saint-Gengoux-le-National, 1910), la construction de la grande église aurait été entreprise en 1166, à l’initiative d’Henri de Blois.

1166

Traité de pariage

Le roi Louis VII et l’abbé de Cluny signent un traité de pariage : en échange d’un partage des revenus de Saint-Gengoux avec l’Abbaye, le roi accorde sa protection et autorise la construction de fortifications — remparts, tours et château.

1200

Charte de Philippe Auguste

Le roi Philippe Auguste accorde une charte à la cité.

1245

Le passage de Saint Louis ?

Selon l’abbé Chaumont, historien, Louis IX (Saint Louis) se serait arrêté à Saint-Gengoux avant de rencontrer le pape à Cluny. Si le récit est exact, sa grande piété laisse penser qu’il se sera rendu à l’église.

1482

La communauté des concurés

Une bulle du pape Sixte IV crée la communauté des « concurés », prêtres natifs de la cité — jusque-là, on parlait du « mépart ». La même année, les huguenots du comte d’Amanzé brûlent l’église, et l’on refait le chœur.

Les guerres de religion

1562 – 1566 : incendie et reconstruction

1562

L'incendie huguenot

L’armée des huguenots du Prince de Condé investit la cité. L’armée incendie l’église et l’Hôtel-Dieu, et brûle vifs sept concurés devant l’église.
Un cercle de pierres marque, à trois mètres de la petite porte, le lieu du martyre des concurés. Chaque année, le 25 avril, clergé et fidèles s’y rassemblaient pour chanter l’hymne « Rex gloriose martyrum » — une coutume qui persista jusqu’en 1864.

1566

Reconstruction gothique

Fin de la reconstruction de l’église en style gothique et construction de la tour de l’Horloge.

Du Grand Siècle aux Lumières

1610 – 1749 : aménagements et transformations

1610

Les stalles

Construction des stalles du chœur.

1630

La tour de l'Horloge frappée par la foudre

Frappée par la foudre le 30 juillet, la tour de l’Horloge fait l’objet d’importantes réparations.

1671

La chapelle Saint-Michel

Construite par l’abbé Cochardet et sa famille ; c’est la sacristie actuelle.

1719

Le cadran solaire

Installation d’un cadran solaire sur la façade sud-est du premier étage de la tour de l’église.

1745 – 1748

Reconstruction de la nef

La nef est reconstruite.

1749

Démolition du péristyle

Démoli pour des raisons de sécurité, la nef est allongée d’autant.

La Révolution

1791 – 1803 : destructions et restitution du culte

1791

Les destructions révolutionnaires

Les révolutionnaires brûlent les statues en bois des deux églises près de l’arbre de la liberté, et brisent celles en pierre. L’église devient un atelier de fabrication de salpêtre, un entrepôt, et sert aux marchés.

1792 (environ)

Les cloches fondues

Les cloches sont descendues et emportées pour être fondues.

1794

Autodafé

Les statues en bois des deux églises sont brûlées près de l’arbre de la liberté ; celles en pierre sont brisées.

1801

La halle au blé

Construction d’une halle au blé le long de l’église, après destruction de quatre chapelles latérales côté sud.

1803

Retour au culte

Le Concordat rend l’église au culte après la signature du Concordat.

Le grand chantier du XIXe siècle

1846 – 1900 : le visage actuel de l'église

1849

Les colonnes du chœur

Réparation des quatre colonnes centrales du chœur, dont deux entièrement refaites.

1867

La flèche pointue

Réalisation de la flèche pointue du clocher — dessinée par Viollet-le-Duc — ainsi que d’éléments de façade.

1873

Les halles abandonnées

Les halles contre l’église sont abandonnées.

1874

La foudre frappe le clocher

Dégâts au beffroi de la tour de l’horloge par la foudre. Réalisation du vitrail à gauche de la Sacristie par don du comte de Murard.

1890 – 1891

Les transformations du curé Martin

Sous le curé Joseph Louis Martin : réfection des murs latéraux des nefs avec de nouvelles fenêtres plus grandes, et installation de l’orgue de Guetton (1890).

1898 – 1899

Le grand vitrail du chœur

Sous le curé Emmanuel Achille Carrion : réalisation du très beau grand vitrail du chœur.

Le XXe siècle et aujourd'hui

1910 – 2003 : modernisation et classement

1910

L'éclairage électrique

Installation de l’éclairage électrique par la compagnie électrique de la Grosne. Le curé de l’époque était ravi.

1926

Classement aux Monuments historiques

L’église est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 29 octobre.

1959

Électrification des cloches

Les cloches sont électrifiées, grâce à un don de M. Clément.

1960

Démontage du cadran solaire

Le cadran solaire de 1719 est démonté.

1976

Le clocher refait

Le clocher est entièrement refait.

1986

Restauration du grand vitrail

Reprise et nettoyage du grand vitrail, sauvegarde des grilles, assainissement général.

1988

Réfection des toitures

Reprise de toutes les toitures ; la zinguerie est remplacée par du cuivre, les pierres restent semi-couvertes.

2003

Le pontet reconstruit à l'identique

La passerelle en bois reliant le clocher à la tour de l’Horloge est reconstruite à l’identique de celle du XVIIIe siècle.

La tour de l'horloge

La tour de l'horloge

Bâtie à la fin du XVIe siècle, la tour de l’Horloge répondait à deux besoins : grâce à son pontet transversal, elle donnait accès au clocher de l’église pour intervenir sur les cloches, et elle indiquait l’heure laïque par des sonneries indépendantes des offices religieux. Son sommet servait aussi de poste d’observation. Un escalier à vis de 225 marches dessert cinq niveaux, avec des portes ouvrant successivement sur le jubé aujourd’hui disparu, un grenier, une chapelle en étage, le canal du contrepoids de l’horloge, puis le pontet lui-même. La longue protubérance visible sous le cadran abrite la gaine de ce contrepoids, qui entraîne le mécanisme.

Les tableaux du chœur

Deux toiles anciennes ornent le chœur de l’église, témoins discrets de son histoire.

L'Aumône

Tableau religieux représentant une scène de distribution d'aumônes aux pauvres, accroché dans l'escalier menant au chœur de l'église.
Saint Gengoux faisant l’aumône aux pauvres

Sinite parvulos venire ad me

Tableau religieux représentant le Christ entouré d'enfants, avec l'inscription latine « Sinite parvulos venire ad me » (Laissez venir à moi les petits enfants), dans l'église de Saint-Gengoux.
La Saint Vierge, et l'enfant Jésus

Un chantier de restauration se poursuit aujourd'hui

Après neuf siècles d’histoire, l’église a aujourd’hui besoin de votre soutien pour continuer à s’écrire.

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